Couvent des Colinettes/Hôpital Villemanzy
Du couvent à la caserne
Depuis le XVIIe siècle, les bâtiments situés dans la montée Saint-Sébastien ont servi successivement de couvent, caserne, hôpital militaire, restaurant et hôtel.
Au XVIIe siècle, le marquis de Coligny décide de consacrer une partie de sa fortune à la Religion et fait une donation, en 1661, de trente mille livres à la communauté de Sainte Elisabeth pour la fondation d’un couvent. La maison Marmejan, sur la balme Saint-Clair est achetée : « Maison, jardin et verger, vigne et fonds qui jouxte de vent le chemin tendant de la place des Terreaux à la recluserie Saint-Sébastien et de soir autre chemin tendant dudit chemin au boulevard de Saint-Clair »**. Elles s’installent, avec l’aide de Madame de Coligny, l’année suivant la mort du marquis, en 1665. Le couvent a très vite de nombreuses prétendantes. Après trois ans de prospérité, les missionnaires de Saint-Joseph viennent briser le calme en essayant de casser la donation de la marquise et intentent un procès contre les « collinettes ». Ils avaient déjà bénéficié des donations du couple et se considéraient comme plus méritant que les religieuses de Sainte-Elisabeth qui possédaient déjà deux couvents à Lyon (Bellecour et les Deux-Amants).
« On obligea les parents à retirer leurs filles qui étaient encore novices, on leur persuada que le roi détruirait cette maison, et l’on fit saisir les revenus comme appartenant à la donatrice ; de part et d’autre on publia des factums, l’affaire tournait au scandale »*.
Après trois ans de procédures, elles obtiennent la protection du Parlement et un arrêt confirmant la donation de Madame de Coligny.
Le monastère s’étend, après l’acquisition en 1669 de la récluserie Saint-Sébastien, jusqu’au sommet de la colline.Le monastère s’étend, après l’acquisition en 1669 de la récluserie Saint-Sébastien, jusqu’au sommet de la colline. En 1738, lorsque les admissions sont devenues trop nombreuses pour la maison achetée par la marquise, les Colinettes ont demandé à l’intendant de Lyon de parafer les plans du nouveau bâtiment qu’elles ont déjà commencé à construire en 1719. Il s’agit du bâtiment que nous connaissons aujourd’hui, construit de 1762 à 1766.
La nouvelle chapelle est bénite en 1773. « La foule était telle qu’il fallut requérir quinze arquebusiers pour le maintien de l’ordre »**.
A la Révolution, les religieuses sont chassées du couvent. Elles se sont dispersées : certaines sont parties à la campagne, d’autres sont restées dans un logis de la Croix Rousse, et d’autres encore se sont mises à travailler ou à vivre de l’aumône.
La maison, le jardin et la chapelle Saint-Sébastien ont été vendus. Le monastère est resté propriété de la Nation. Il est transformé en caserne durant le siège de Lyon en 1793.
La chapelle Saint-Sébastien est détruite quelques temps plus tard, et les terrains au nord du couvent sont vendus et morcelés.
En septembre 1796, le couvent des Colinettes devient définitivement caserne. En 1831, la caserne est occupée par les Voraces. En 1834, en revanche, les troupes se barricadent à l’intérieur et ne se laissent pas envahir.
En 1859, l’ancien couvent des Colinettes devient un hôpital militaire. Durant la guerre d’Italie, l’hôpital Desgenettes (situé alors sur les quais du Rhône) s’est retrouvé en manque de lits. On décide alors de créer un hôpital temporaire pour combler cette insuffisance. Il est reconnu « en 1865 comme propre au traitement des maladies infectieuses. Il peut alors loger non seulement 386 sous-officiers et soldats, mais aussi 38 infirmiers. De nombreux malades sont admis lors des épidémies de variole de 1868 et 1870 »***.
Le lieu prend le nom de Villemanzy, en hommage au comte de l’Empire, officier de la Légion d’honneurLe lieu prend le nom de Villemanzy, en hommage au comte de l’Empire, officier de la Légion d’honneur.
Au début du XXe siècle, la caserne est condamnée à être démolie par le sous-secrétaire d’Etat à la guerre, en visite à Lyon. Heureusement, le projet n’aboutit pas.
Pendant la première guerre mondiale, l’hôpital ne désemplit pas, accueillant poilus et prisonniers allemands.
« De février à juillet 1939, l’hôpital Villemanzy fonctionna pour le compte des Hospices Civils de Lyon et reçut des blessés de la guerre d’Espagne arrivés avec les armées rouges en retraites.